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31/08/2011

Raymond Castans fidèle au CT Lou Ferri de Saint Christol

Jean Pierre Gorce retrace l'histoire du CT Lou Ferri de Saint Christol en plusieurs articles pour se souvenir de 90 années d histoire :

Nous sommes en 1995, le mercredi de la fête votive. Benoit, treize ans, sonne la charge à la trompette. Au micro, le speaker commence à égrener son chapelet de primes à dix francs : « dix francs de plus de la part du parisien d’Aubais qui doit se faire greffer la langue » (celui-là doit parler un peu trop pointu), « dix francs de plus du petit-fils de Joséphine », et soudain « dix francs de plus de Raymond Castans, écrivain ». Le Raymond est revenu au pays. On lève les yeux vers la tribune, Raymond Castans est assis à côté de Robert Conge, à l’époque maire du village, son ami, son frère quasiment. Raymond a été pratiquement élevé par la grand-mère de Robert, la bonne Marie Coudeyre qui savait si bien préparer les confitures.

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Un journaliste lui demande ce qu’il ressent de venir régulièrement à Saint-Christol pour assister à la course : « Passé un temps je suivais les corridas à Nîmes, j’aimais l’atmosphère des arènes. La Bouvino c’est autre chose, c’est la fête populaire. Je ne suis pas surpris par la passion qui s’empare des gens d’ici pour les taureaux de Camargue. Je partage un peu cette sorte d’adoration païenne, oui c’est le mot, païenne. Un taureau, moi je le trouve beau, noble comme un grand chêne ». En piste, Romulus surprend le petit Garrido à deux mètres de la planche. On croit qu’il va l’embrocher. Mais non, il penche la tête sur le côté et la corne vient forcer sur le flan du raseteur qui se trouve catapulté illico sur le sable du couloir. Raymond Castans applaudit à l’unisson, autant d’émotion que de soulagement : « Ces jeunes, quel courage et quel mérite ! ».

27/08/2011

Quand Bisco devint San-Christolen

Les archives du Club taurin Lou Ferri rappelle qu’en 1933, nait dans la manade dirigée alors par Granon, un veau mâle à l’armure légèrement irrégulière, d’où son nom « Bisco ». Il court à Saint-Christol et fait une course si remarquable qu’à la demande des gens du village il sera rebaptisé « San-Christolen » par le manadier. Le mois suivant, il est à l’affiche de Mauguio pour la fête, mais préférant la liberté, le jeune biou s’échappe des arènes et reste plusieurs mois dans les marais, essuyant au passage quelques coups de fusil des chasseurs.

Retrouvé par son propriétaire, il est à l’affiche des grandes compétitions, la palme d’or à Beaucaire et trois fois à la cocarde d’or en Arles en 1942, 1943 et 1945. Il reviendra à Saint-Christol sur le plan de la cave coopérative en 1946. Le raseteur Charles Fidani dira de San-Christolen qu’il était l’un des cocardiers les plus criminels qu’il ait eu à affronter. Il mourra tristement comme taureau à la corde l’année suivante à Aigues-Vives.

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Son souvenir reste vivace dans la mémoire des aficionados du village au point que le frontal de San-Christolen soit toujours exposé au Café de l’univers, siège du Club taurin Lou Ferri.

26/08/2011

Un taureau mis à mort dans le village

A l’occasion du 90e anniversaire du Club taurin Lou Ferri, nous allons retracer à travers une série d’articles, les évènements, les personnages, les taureaux qui ont marqué la vie du Club depuis sa création en 1921. Mais auparavant, remontons quelques années en arrière, aux alentours de l’année 1898. Cette année-là, les organisateurs de la fête locale décidèrent, pour clôturer les réjouissances, de mettre à mort le taureau qui avait couru dans les rues du village. Un article de presse datant de 1948 nous raconte cet évènement avec délectation et humour.

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En voici un résumé.

« Voici donc arrivé le grand jour, rutilant de soleil, bruissant d’une foule avide de voir et de jouir d’un spectacle nouveau. On amène le taureau. Belle bête, bien encornée, aux jambes nerveuses mais un peu fatiguées. Le toréador habillé de pied en cap, l’air souriant arrive à son tour et salue la foule qui l’acclame. On lui remet l’épée, une arme magnifique trouvée chez le ferblantier et qui a dû servir à quelques grognards de Bonaparte. Quelques passes au chiffon rouge et le dénouement approche. Le taureau n’a pas bougé. Le matador cligne de l’œil gauche et pointe son épée, mais il est trop loin. Il approche de quatre pas, cligne de l’œil droit, et lance son épée qui rencontre la corne gauche et se plie en deux. Le taureau n’a pas bougé. Le matador, un peu dépité, suant à grosses gouttes, demande une épée massue pour abattre le fauve. Il retrousse ses manches, serre son arme des deux mains, fait un bon en avant et Pan ! en plein dans le front. Le coup est fatal. La bête s’écroule, le matador tombe d’émotion, le public en délire applaudit à tout rompre ».